Côte d'Ivoire: dans une lettre ouverte, le proche de Soro écroué accuse Ouattara

Souleymane Kamaraté Koné, Le chef du protocole du président du PAN Guillaume Soro

Le chef du protocole du président de l'Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro, écroué en début de semaine dans une affaire sensible de découverte d'une cache d'armes pendant une mutinerie de soldats, accuse mercredi dans une lettre ouverte le président Alassane Ouattara de viser "son patron" (Soro) à travers lui.

C'est "Alassane Ouattara (...) qui m’expédie en prison. Aujourd’hui, à cause de mon patron Guillaume Soro, je suis en prison. Ce n’est pas moi qu’on vise!", affirme Souleymane Kamaraté Koné, dit "Soul to Soul" dans sa lettre écrite depuis sa cellule et publiée sur le site de Guillaumesoro.ci et sur les comptes des réseaux sociaux de M. Soro, ancien chef de la rébellion du Nord de Côte d'Ivoire des années 2000.

Soul to Soul a été écroué lundi après son audition par le procureur et accusé de "complot contre l'autorité de l'Etat" dans l'affaire de la cache d'armes découverte, en mai lors des mutineries qui ont ébranlé le pays, dans une villa lui appartenant à Bouaké (centre,) deuxième ville de Côte d'Ivoire.

"J'aurais dû dire "non". Et refuser de céder ma maison pour que les militaires s’en serve comme base logistique pour leurs opérations, quand tous nous étions reclus au Golf". En 2010, lors du conflit sur le résultats des élections opposant M. Ouattara à M. Gbagbo, M. Ouattara et ses proches étaient retranchés à l'hôtel du Golf d'Abidjan.

"Et moi je suis en prison à cause de ces armes qui ont mis Alassane Ouattara au pouvoir. Si telle est la volonté de Dieu, alors je m'incline", écrit-il.

Pour de nombreux observateurs, les mutineries et l'action judiciaire contre M. Koné s'inscrivent dans la lutte pour la succession, en 2020, du président Ouattara dont M. Soro est officiellement l'allié.

Les deux hommes ne s'étaient jamais affrontés ouvertement, affichant au contraire régulièrement leur confiance mutuelle. L'arrestation de M. Koné et sa lettre vont sans nul doute créer des tensions entre les deux hommes et dans le pays.

Le clan présidentiel a réaffirmé à plusieurs reprises "le principe de l'indépendance de la justice", niant toute intervention dans l'enquête sur la cache d'armes.

M. Soro, à qui certains prêtent des ambitions présidentielles, s'était gardé d'intervenir dans les crises, mais de nombreux proches du président Ouattara assurent en privé qu'il joue sa "carte personnelle".

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