Côte d'Ivoire: Ce qu'il faut retenir de la rencontre Ouattara Emmanuel Macron sur le 3e mandat

Le président français Emmanuel Macron reçoit son homologue ivoirien Alassane Ouattara à l'Elysée, le 4 septembre 2020. Crédit : @AOuattara_PRCI

Le président Ivoirien Alassane Ouattara a été reçu à déjeuner ce vendredi 4 septembre 2020 à l’Elysée par le président Emmanuel Macron. En marge de ce qui a été de ce déjeuner de travail, un tête-à-tête entre les deux homologues. La question du 3e mandat et la position de Paris surement au cœur de ce huis-clos.

A sa sortie de cette rencontre avec le président Français, le chef de l’Etat ivoirien a réagit sur Twitter «Nous nous sommes réjouis de nos convergences de vues sur la situation économique et politique en Côte-d’Ivoire, notamment l’élection présidentielle dans un climat de paix».

Beaucoup attendaient de cette rencontre qui devait clarifier la position de l’ex-colonisateur sur la question d’un 3e mandat que veut briguer Alassane Ouattara. Depuis l’annonce de cette candidature le pays est en proie à des violences. L’opposition qui dénonce « un coup de force institutionnel » a organisé des marches de protestation partout dans le pays. Orchestrant parfois des affrontements intercommunautaires. Situation qui fait présager des moments de troubles qui pourraient avoir lieu pendant la période électorale. Et face à cette situation avenir la position de l’Elysée était très attendue. Comme il est de tout temps dans les anciennes colonies, la France joue les complices et a pouvoir de décision sur les futurs locataires des palais présidentielles.

Mais après la rencontre de ce vendredi l’on pourrait dire que Paris a décidé de jouer le jeu difficile d’équilibriste, surtout que l’opposition ivoirienne lui demande de se prononcer. La preuve le 2 septembre dernier dans une lettre ouverte de Pascal Affi N’guessan, président du FPI et candidat à la futur élection présidentielle, il écrivait ceci à l’endroit de Macron «Votre parole est très attendue. En ne cautionnant pas ce coup de force institutionnel, en exigeant des élections transparentes et inclusives, vous serez fidèles aux valeurs démocratiques issues des Lumières dont la France est porteuse». Quelques jours plus tôt, l’ex-chef rebelle et ancien Premier ministre, Guillaume Soro, candidat à la présidentielle et en exil malgré lui à Paris, dénonçait le «silence assourdissant» de la France sur la situation en Côte-d’Ivoire.

La décision de Paris est pourtant claire même si elle ne la prononce pas ouvertement. Elle s’aligne sur celle de Washington qui l’a exprimé dans un communiqué la semaine dernière. Cette déclaration rappelait que « les USA demeurent engagés en soutien à des élections libres, transparentes et inclusives en Côte d’Ivoire ». Plus loin, on pouvait lire : « Le Conseil Constitutionnel décidera de la question dite du troisième mandat ».

Cette voix des Américains est celle de la France, de l’Union européenne et de la communauté internationale. Elles parlent le plus souvent de la même voix surtout quand il s’agit de leurs intérêts dans une zone stratégique. C’est une pratique bien connue surtout sur les questions Africaines, l’une laissant à l’autre le soin de monter en première ligne. Et vice-versa.

Pour défendre leurs intérêts ils ne vont jamais en rang dispersé, Européens et Américains marchent main dans la main. Tout comme la Russie et la Chine parfois sur des dossiers. C’est la règle dans les relations internaionales. Tout est dicté par les intérêts et au final le Conseil de sécurité s’alignera.

Il faut prêter attention le 16 septembre prochain, après l’annonce du conseil constitutionnel tous ces pays et organisations publieront des communiqués pour prendre acte de sa décision et va se poursuivre le processus électorale. Ainsi va le jeu des grandes puissances dans nos démocraties. Alors il serait judicieux aux acteurs politiques de trouver un consensus et aller aux élections afin d’éviter une nouvelle crise qui mettrait en mal la stabilité du pays.

Fulbert KOFFI 

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